23 juin 2013

MORT D'UN JARDINIER, de Lucien SUEL.


 

JARDINIERCe livre n'est vraiment pas comme les autres. Vraiment pas. Et sans doute n'en avez-vous jamais lu de semblable.

Ce n'est pas un simple bouquin, un de plus... Non. C'est une oeuvre. A lui tout seul.

Le livre d'un jardinier. D'un vrai. Le livre d'un écrivain. D'un vrai.

170 pages. Une dizaine de points en tout et pour tout. Des virgules, des points virgules, ou rien du tout... Donc un rythme de lecture capable d'essouffler le lecteur à son insu. Un JE qui donne l'impression de s'adresser à un TU, mais n'est-ce pas plutôt le même jardinier qui parle et qui se parle, dans une sorte de monologue miroir du narrateur...

Le tout dans un jardin. Et deux parties. Dans la première, le jardinier vit dans son jardin, et ce jardin vit en lui. Dans la seconde, victime d'une crise cardiaque, le jardinier gît dans son jardin. Alors nous entrons dans la mémoire de cet homme, à travers une foule d'images et de souvenirs, à peine séparés par quelques virgules.

Encore un mot : le présent de l'indicatif, d'un bout à l'autre. Comme si ce JE ou ce TU avaient droit à l'éternité. Debout, assis, couché, vivant ou mort, éternellement là. Il n'attend rien. Il est.

Enfin une anecdote. Lucien Suel est nordiste. Donc il m'est arrivé de le croiser, de lui parler, de manger à la même table. Et je me souviens avoir été frappé par le fait qu'il avait refusé de participer à une réunion d'auteurs à laquelle il était convié parce qu'il "avait du travail au jardin, et son abri de jardin à reconstruire entièrement."  Et à chacune de nos rencontres j'ai bien du mal à détacher le regard de ses mains. Elles parlent pour lui.


 

 

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12 mars 2013

SALUT AU JARDINIER.


                    Quand vient le jour de l'an, salut au jardinier

                    Qui au coin d'un bon feu suspend son tablier.

                    Quatre saisons durant, de l'aurore au couchant,

                    Il a soigné sa terre et souvent en cachant

                    Le mal qui lui rongeait le dos, en se penchant.

                    Il a fouillé le sol, il a semé la vie,

                    Il a nourri sa terre et il s'en est servi

                    Pour éviter aux siens de n'avoir que l'envie.

                    Jardinier, jardinier, on te sait silencieux,

                    On te trouve gaillard quand toujours en tous lieux

                    Tu arpentes la terre oubliant d'être vieux,

                    Occupé à veiller les remèdes des dieux.

                    Continue, jardinier, à remplir ton office,

                    A offrir les parfums, les goûts et les couleurs

                    La lavande et le thym et des tapis de fleurs

                    Que tu expliqueras à ta fille à ton fils.

                    Rapporte encor chez toi la vie à pleins paniers

                    Et du nord au midi apprends au monde entier :

                    Quand vient le jour de l'an, salut au jardinier...

 


 

 

       

                   

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09 mars 2012. ICI LA TERRE. aux Editions du Pierregord.

 


                                         ILT C

Quand, en mars, Bertrand-Hugues ABTEY, patron des Editions du Pierregord, publie effectivement Ici la terre, je suis bien loin de me douter que, six mois plus tard montre en mains, sa maison d'édition aura déposé son bilan. Si ce n'est pas là encore une illustration de la fragilité des activités humaines...

Quoi qu'il en soit, parce que j'aime beaucoup ce beau roman accroché à la terre et aux gens qui vivent courbés sur elle, pendant ces six mois je me suis démené aux quatre coins de la région et en Dordogne, pour faire vivre ce bouquin auprès du public le plus large possible. Et en octobre, lorsque le liquidateur judiciaire m'a appris que la totalité du premier tirage était épuisée j'en ai été soulagé : au moins, cette magnifique histoire ne finirait pas sa courte carrière pilonnée en confettis !!!

Moi, il m'en reste une bonne centaine, pour les futurs salons et fêtes du livre, mais si vous le souhaitez je les tiens à votre disposition. Un message sur pierre.zylawski@orange.fr  et, dans les trois jours, vous le recevez par courrier bien emballé. Les frais de port sont pour moi. N'hésitez pas.

Depuis mars, j'ai reçu, par messages ou de vive voix, quantité de témoignages de lecteurs qui ont tous une bonne raison d'avoir aimé ce roman. Voici, en vrac, ce que je ne cesse d'entendre :

  • c'est l'histoire de gens d'ici, sur la terre d'ici. Notre terroir.
  • les trois héros, très âgés, sont hors du commun.
  • ils ne sont pas agriculteurs, mais simples jardiniers. Comme beaucoup d'entre nous.
  • ils ont le sens de la famille, de l'amitié, du partage.
  • ce sont, à leur manière, des érudits qui transmettent le savoir.
  • à la lecture, on apprend quantité de choses, dans des tas de domaines.
  • cette histoire se nourrit de quantité d'arbres.
  • on y croise des contes et légendes pas bêtes du tout.
  • les courtes poésies intercalées enrichissent le récit.
  • on y croise surtout des gens qu'on oubliera difficilement.
  • une histoire attachante, avec des pages parfois très émouvantes.
  • mais personne ne meurt : tout le monde en sort vivant.

J'ajoute que l'on doit la magnifique photo de couverture à une amie, jardinière elle aussi. Pour moi, elle pourrait représenter la voix de la terre  qui s'exprime dans ce roman à travers les voix des différents personnages. Cette photo a déjà arrêté net des centaines de lecteurs... et il a fallu que j'en envoie un exemplaire... au Liban.

                                                                             Les éditeurs que je côtoie savent 

                                                                             que je n'écrirai plus de roman du terroir.

                                                                             Le prochain serait forcément moins bien.

                                                                             Alors non.


 

                  

 

 

 

 

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