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Le hasard de mes lectures m'a, cette fois, permis de croiser le souvenir de Georges Clémenceau, celui que d'aucuns appelaient Le Tigre, ou le Père la Victoire, pour le rôle exceptionnel qu'il a joué lors de la Grande Guerre.

Des surnoms flatteurs, à n'en pas douter, ce qui n'a nullement empêché ses détracteurs de manipuler les mots pour, après la conférence de paix de Versailles, désigner le même homme sous l'appellation "Perd la Victoire"...

Avouez que la phonétique a parfois des pouvoirs insoupçonnés. Et chacun peut en penser ce qu'il veut.

Au fil des mêmes lectures, j'ai découvert un Clémenceau capable d'avoir la dent sacrément dure. Jugez plutôt :

Les polytechniciens savent tout, mais rien d'autre.

                        Logique et même obligatoire, en présence de ce "tout".  

On ne ment jamais autant qu'avant une élection, pendant la guerre et après la chasse.

                       Peut-être vrai.

La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts.

                       Simple question : quelle est, ici, la part d'humour ?

Les fonctionnaires sont les meilleurs maris : quand ils rentrent le soir à la maison, ils ne sont pas fatigués et ont déjà lu le journal.

                                   Grand homme ou pas, je m'inscris en faux contre cette affirmation qui manque terriblement de nuances.

                               Pendant plus de quatre décennies, pour être rentré chez moi au terme de mes journées d'enseignement dans un état de fatigue que je ne souhaite à personne, je suis bien placé pour relever l'inexactitude de cette remarque, pour ne pas dire la bêtise. Grand homme ou pas.