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Qu'en 2007 ce livre ait obtenu le prix Renaudot, je m'en fiche complètement. Mais... quel bouquin ! Quel bouquin !

Un modèle de sincérité, et une lucidité à toute épreuve qui n'a d'égale que l'intelligence du propos. Un monument de l'autobiographie la plus étincelante, celle qui est tournée vers les autres.

Combien de profs ont commencé par être des cancres ? La statistique manque, sans doute parce que l'aveu coûte terriblement cher. Daniel Pennac a payé le prix, exorbitant, et par là même il peut tout naturellement être la voix de tous ces "mauvais élèves", ces cancres sans avenir.

Douleur... souffrance...angoisse... honte... échecs... calvaire... pendant des années il a connu le goût amer de ces journées interminables vécues dans le camp des bons à rien... et la fin de la journée d'école ne résolvait absolument rien : "Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l'école." Chaque soir de son enfance... rendez-vous compte.

Jusqu'au jour où un professeur pose sur l'élève Pennacchionni un autre regard... capable de déceler le talent caché qui ne demandait qu'à voir le jour. Alors d'un coup, après des années de souffrance, c'est la rédemption.

Le cancre deviendra professeur, écrivain. Et il se donnera comme mission de "sortir du coma scolaire une ribambelle d'hirondelles fracassées."

Bref, un livre-témoignage d'une tendresse infinie que tous les jeunes enseignants devraient avoir lu, avant même d'essayer de s'occuper des hirondelles.